
Alors que les lycéens manifestent et bloquent leurs écoles, quand ils n’y mettent pas le feu, le débat sur la gratuité de l’éducation reste un tabou. Il s’est transformé en un dogme quasi religieux que peu osent contester.
Pourtant cette « gratuité » n’est qu’un slogan politique qui masque une ignorance profonde des réalités économiques.
En redéfinissant l’éducation non comme un droit mystique, mais comme un bien soumis à la rareté, nous découvrons une vérité dérangeante : l’éducation gratuite est une impossibilité physique et une imposture morale.
Le constat de la rareté : l’éducation est un bien, pas un miracle
Pour comprendre le monde, il faut d’abord sortir de ce monde imaginaire où les ressources seraient illimitées. La distinction fondamentale repose sur la différence entre un « bien libre », comme l’air qu’on respire, et un « bien économique ».
L’éducation n’est pas disponible naturellement, contrairement à l’air. Elle nécessite des ressources concrètes :
Affirmer que l’éducation n’est pas un bien économique est une stupidité. Nier le coût, c’est nier la réalité. Si l’éducation ne coûtait rien, nous n’aurions pas besoin de mouvements sociaux pour exiger que quelqu’un d’autre la paie.

L’expression « éducation gratuite » est un mensonge sémantique. Elle est gratuite pour celui qui l’utilise, mais elle est payée par ceux qui ne l’utilisent pas. Les lycéens ne sont pas des idéalistes, mais un « groupe d’intérêt » rationnel et égoïste.
Il est certes rationnel de vouloir obtenir quelque chose gratuitement. Mais il est malhonnête de ne pas admettre que l’on demande à la société — y compris au boulanger ou à l’ouvrier qui n’ira jamais à l’université — de financer le capital humain d’une future élite. C’est un transfert de richesse inversé : la collectivité subventionne les hauts salaires de demain.
L’effet pervers de la gratuité : mauvaises décisions et obsolescence
L’absence de prix détruit les signaux nécessaires à une prise de décision intelligente. Un coût nul pour l’étudiant engendre trois risques majeurs :

La solution : mettre fin au monopole public
La solution implique de remplacer le monopole public et le prélèvement forcé par la libre concurrence, le pouvoir d’achat restitué et la solidarité volontaire :
L’école publique est inefficace et coûteuse. Après quinze ans de scolarité, certains enfants savent à peine lire et reçoivent des enseignements non désirés par les parents. Sans la lourdeur bureaucratique de l’État, l’organisation de l’instruction serait nettement plus simple, plus diversifiée et beaucoup moins chère.
En supprimant la fiscalité étatique (qui prélève plus de la moitié des revenus des citoyens), les parents récupèrent directement l’intégralité de leur salaire. Ce gain massif de pouvoir d’achat leur donne les moyens financiers de payer directement les frais de scolarité dans l’établissement de leur choix.
Au lieu d’imposer un programme unique financé par l’impôt, l’éducation devient un service sur le marché libre :
Conclusion : de la charité publique à la responsabilité individuelle
Pour les familles qui n’auraient pas les moyens de financer une scolarité, la prise en charge ne repose pas sur la coercition fiscale, mais sur la vraie solidarité :
En somme, l’éducation sans monopole public ni fardeau fiscal repose sur l’idée que des parents libérés de l’impôt et des organismes caritatifs volontaires financent mieux et plus efficacement l’instruction que n’importe quelle administration centrale.
La question finale n’est pas économique, elle est morale. Au nom de quelle « justice sociale » est-il acceptable de forcer ceux qui n’ont pas accès à l’enseignement supérieur à financer les futurs privilèges financiers d’une minorité diplômée ? La gratuité universelle n’est pas un progrès, c’est une spoliation.
Damien Theillier