Au Cercle Frédéric Bastiat, nous sommes habitués à recevoir des orateurs de grande envergure, mais Bernard Zimmern est sans doute l'homme le plus étonnant que nous ayons eu jusqu'ici. Il est à la fois polytechnicien et énarque - excusez du peu - mais ce n'est là que le moindre de ses exploits. Au cours d'un stage en usine effectué pendant ses études à l'ENA, il se prend de passion pour la mécanique. Il entre à la Régie Renault et obtient d'être nommé dans un des ateliers les plus difficiles. Il invente un moteur rotatif dont la Régie ne veut pas, et il démissionne en 1956.
Comme il faut bien gagner sa vie, il entre à la Cegos où il sera directeur de la Recherche et du Développement. Mais la nuit et les week-ends, il construit dans sa cave le premier prototype de ce qui deviendra un compresseur rotatif. Il vend la licence de son compresseur au groupe Peugeot, puis aux USA et au Japon. L'idée intéresse les industriels de ces pays. Le compresseur fabriqué au Japon sur ses brevets (il en a déposé plus de 500) atteindra le tiers du marché japonais, ce qui l'amènera à aller plus de cent fois au Japon.
En France, il crée une société de développement de ses inventions, mais exaspéré par la pression bureaucratique française, il fonde une filiale aux Etats-Unis, et il y consacre alors l'essentiel de ses efforts. Dans ce pays, il constate que l'Etat laisse les inventeurs libres d'entreprendre, et cherche à comprendre les différences entre l'administration américaine et l'administration française. Il participe pour cela à des fondations américaines qui étudient le fonctionnement de la Société, et comme leur équivalent n'existe pas en France, il en fonde une sur ses deniers, la Fondation pour la Recherche sur les Administrations Publiques, devenue l'Institut pour la Recherche sur les Administrations Publiques (IFRAP). Cet institut a déjà publié, depuis 1985, une soixantaine d'études remarquablement fouillées, à la fois très prisées et très redoutées du pouvoir, sur divers organismes publics.
Bernard Zimmern nous a fait l'honneur d'être l'orateur lors du dîner-débat du 11 mars 2000 sur le thème "le chômage : un pur produit du complexe politico-administratif".
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