Fils d'émigrés italiens au Maroc, Antoine Gaudino a perdu sa mère quand il avait deux ans, et connu l'orphelinat, où les Soeurs lui ont inculqué de robustes et simples convictions morales qui lui servent encore de référence aujourd'hui. Engagé volontaire, optant pour la nationalité française, il passe 17 ans dans l'Aéronavale, où il acquiert un brevet d'électronicien... et un DES d'Économie, grâce aux cours du soir du Conservatoire des Arts et Métiers. Profitant de la Loi permettant aux militaires, sous certaines conditions, de se recycler dans l'administration civile, il entre dans la Police à 33 ans, en 1977. Bien noté pendant son stage, il choisit la police judiciaire financière, avec le ferme désir de combattre "la délinquance en col blanc". Il est nommé à Lyon.
Tenace, scrupuleux, fidèle aux principes de morale élémentaire appris à l'orphelinat et pratiqués dans la Marine, Antoine Gaudino ne va pas tarder à s'attirer quelques ennuis. C'est lui qui a soulevé le scandale des faux frais de mission, qui permettaient à la hiérarchie de la P.J. d'améliorer discrétionnairement le salaire de ses fonctionnaires. Mais ses plus grandes difficultés, il les connaîtra pour avoir découvert l'affaire Urba, et s'être démené, en dépit de tous les obstacles mis sur sa route par le pouvoir exécutif, pour faire aboutir l'affaire devant les tribunaux. Cela lui vaudra d'être révoqué en mars 1991.
Réhabilité le mois dernier, Antoine Gaudino a choisi de continuer à diriger le cabinet privé d'enquêtes financières qu'il a fondé après sa révocation.
Antoine Gaudino a raconté ses mésaventures dans deux livres passionnants, "L'enquête impossible", et "Le procès impossible" (Albin Michel), qui sont l'un et l'autre des plaidoyers pour l'indépendance de la Justice.
Antoine Gaudino nous a fait l'honneur d'être l'orateur lors du dîner-débat de mars 1994 sur le thème "l'indépendance de la justice".
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