LE WEEK END DE LA LIBERTÉ N°2

 

Compte rendu du colloque organisé par le Cercle du 2 au 4 juillet 2010.

 

 

Au cours du premier Week-end de la liberté, nous avions établi que la liberté économique engendrait la prospérité et le plein emploi et que, a contrario, l'intervention de l'État dans l'économie engendrait du chômage, de la pénurie ou du gaspillage. Nous nous étions appuyés sur les mesures effectuées année après année depuis quinze ans par la Fondation américaine "Heritage", que nous avions illustrées par des exemples particulièrement remarquables, comme la Chine, le Vietnam, Cuba, certains pays de l'Est, l'Angleterre et la France.

Un enseignement inattendu de ce colloque avait été que la liberté économique n'allait pas forcément de pair avec la liberté politique (exemple La Chine) et que la liberté politique n'entraînait pas forcément la liberté économique (exemple La France). Nous avons voulu approfondir cette constatation dans le Week-end de la liberté N°2. et rechercher quel type de régime permettrait d'avoir une vraie liberté individuelle, en politique comme en économie.



Week End de la liberté : Ambiance


     Patrick de Casanove, secrétaire général et futur président du Cercle, a  présenté les faits : Il a exposé quel était l'état de liberté économique et de liberté politique qui régnaient dans un certain nombre de pays. Pour la liberté économique, il s'est appuyé sur les travaux de la fondation américaine "Heritage" et pour la liberté politique, sur ceux d'une autre fondation américaine : "Freedom House". Il a montré que les deux libertés évoluaient indépendamment et que la liberté économique était plus rare que la liberté politique. On pourrait donc croire qu’elle est plus difficile à obtenir quand on en a aucune. Il n’en est rien. Pour se maintenir au pouvoir les hommes de l’Etat concèdent plus facilement la liberté économique. S’ils concédaient la liberté politique, ils perdraient le pouvoir car les droits politiques sont liés à l’existence d’un État.

Comme les individus ont un droit naturel à la liberté économique et aux libertés civiles, il conclut avec Frédéric Bastiat que l'État, "ce ne devrait être autre chose que la force commune instituée, non pour être entre tous les citoyens un instrument d'oppression et de spoliation réciproque, mais, au contraire, pour garantir à chacun le sien, et faire régner la justice et la sécurité" (L'État). Voir la première conférence de Patrick de Casanove.

 

L'enseignement principal du colloque est que la plupart des régimes démocratiques sont fort éloignés de cet idéal, mais il aurait été injuste de ne pas reconnaître qu'ils ont tout de même constitué un progrès énorme par rapport aux régimes totalitaires.

 


Françoise Thom, professeur d'histoire contemporaine à la Sorbonne, nous en a convaincu en nous dépeignant comment les bolcheviques avaient conquis le pouvoir en assassinant méthodiquement tous ceux qui s'opposaient à eux; comment ils ont ensuite maintenu un pouvoir absolu - malgré l'échec de leur politique - par la terreur et l'élimination de tous ceux qui résistaient à leur idéologie, comme les paysans propriétaires de leur lopin, en utilisant la famine, les exécutions sans jugement, et les déportations dans les goulags de Sibérie.

C'est finalement le désir des dirigeants eux-mêmes d'accéder aux avantages de l'Occident, par exemple ceux de pouvoir fournir à leurs enfants une instruction authentique, qui a fait fondre le régime. Voir la conférence.


Pierre Garello, Professeur d'économie à l'Université d'Aix-Marseille, nous a fait comprendre pourquoi les démocraties ne pouvaient être qu'imparfaites en nous expliquant la théorie dite "des choix publics", qui montre la dépendance fatale des élus vis-à-vis des groupes de pression. Voir la conférence.


Dans une deuxième conférence, Patrick de Casanove nous en a montré une première série de conséquences : l'infinité de contraintes inutiles que les démocraties font peser sur les individus. Il a esquissé la voie à rechercher pour l'éviter : mieux respecter les droits de propriété et la protection des individus. Voir la seconde conférence de Patrick de Casanove.


Alain Mathieu, président de Contribuables Associés, a repris le thème de la prolifération sans fin des lois et règlements et développé une autre conséquence : le gaspillage des deniers publics. . Il a conclu que la meilleure façon de lutter contre ces dérives était encore le développement d'un groupe de pression agissant, lui, en sens inverse des autres groupes, comme le fait Contribuables Associés.Voir la conférence.


Benoîte Taffin, porte parole de Contribuables Associés, a alors développé dans le détail les moyens d'action que s'était donné Contribuables Associés pour influencer le pouvoir dans le bon sens : campagnes de sensibilisation et de mobilisation, pétitions, revue périodique Le Cri du Contribuable, plusieurs sites sur internet et en particulier "L'observatoire des subventions, rendez vous parlementaires, Argus parlementaire, études de grande qualité, jour de libération fiscale.

 Avec 146 000 adhérents-donateurs, cette association est la seule qui aît une taille suffisante pour être crainte par les élus. Pour qu'elle le soit encore plus, il faudrait qu'elle double ce nombre afin d'atteindre la taille des deux grands partis. Le Cercle Frédéric Bastiat a donc fortement recommandé à tous les participants au colloque d'adhérer à l'association - s'ils n'en étaient déjà membres - et d'en faire la promotion dans leur entourage. Voir la conférence.


Vincent Ginocchio, président de Liberté Chérie, a exposé dans le même esprit l'action de Liberté Chérie, qui répand la bonne parole sur son site www.liberte-chérie.com, publie des videos didactiques, organise des cafés libéraux. Sa principale originalité est d'influencer l'opinion publique par des manifestations allant en sens inverse de celles des syndicats.

 

Mais il est clair que cette résistance de la Société Civile atténue les inconvénients de la démocratie représentative sans en supprimer les causes profondes. La seule véritable réforme susceptible de rendre aux individus leur liberté et leur responsabilité est celle qui reposerait sur le principe de subsidiarité :

c'est-à-dire que les décisions concernant la création, l'aménagement ou la suppression d'activités collectives et de leur financement se feraient à partir de la base et non plus du sommet. Voir la conférence.


Yvan Blot, haut fonctionnaire, nous a montré que la démocratie directe, qui permet au peuple, et pas seulement à ses représentants élus, d’abroger ou d’adopter des lois, est un pas important dans ce sens. La démocratie directe fonctionne depuis 1848 en Suisse (au niveau fédéral, cantonal et local), aux Etats-Unis (dans 26 Etats sur 50 et au niveau local), au Liechtenstein depuis 1970. En Italie Le référendum d’initiative populaire permet d'abroger une loi. Depuis la réunification allemande du 3 octobre 1990, la démocratie directe a été progressivement introduite dans les tous les Länder allemands et souvent aussi au niveau communal.

Le référendum donne l’occasion au citoyen d’exprimer ce qu’il vit tous les jours, d’où un degré d’information et de bon sens élevé. Par contre, le citoyen, lors d’une élection, vote souvent par mimétisme et non par expérience personnelle. Hitler est arrivé au pouvoir grâce à des élections parlementaires et non par un référendum. Voir la conférence.


François Garçon, professeur à la Sorbonne, a précisé le fonctionnement de la démocratie directe en Suisse et l'a illustré de nombreux exemples. Ces exemples confirment que la majorité des citoyens est beaucoup moins sensible à la démagogie que les détracteurs du système le croient, en tout cas beaucoup moins que les élus des démocraties représentatives. Ce pays répond presque parfaitement au principe de subsidiarité puisque dans la Constitution même il est dit que les pouvoirs exercés au niveau fédéral lui sont délégués par les cantons. La Suisse est sans doute le pays au monde où la liberté et la responsabilité individuelles sont les plus grandes. François Garçon nous a montré que ce pays est aussi l'un des tous premiers sur le plan des niveaux de vie, de l'éducation et de la qualité des rapports humains. Voir la conférence.


Dans sa synthèse, Jacques de Guenin, président du Cercle, a rappelé que les régimes totalitaires, encore nombreux dans le monde, reposaient sur la prise de pouvoir par la violence, se maintenaient par la terreur, la servilité, le culte de la personnalité et la réduction des individus à des automates.

Il a insisté sur la puissance explicative de la théorie des choix publics pour comprendre les défauts de la démocratie représentative. Cette théorie montre comment des personnes raisonnablement honnêtes dans leur vie privée sont - où se croient - obligées de devenir des démagogues et des prédateurs pour se faire élire. Il a montré tout l'intérêt d'exploiter cette théorie pour des causes louables comme le fait Contribuables Associés.

Il a conclu par cette citation de Bastiat, extraite d'une lettre à Lamartine :

 

La liberté  est la meilleure

 des organisations sociales,

 

rappelant au passage que La morale libérale est une morale altruiste, qui enseigne le respect de la liberté de l'autre : vouloir que son prochain soit libre, c'est s'interdire d'obtenir quoi que ce soit de lui par la tromperie, le vol ou la coercition. Voir la conférence.

 

Les vidéos de ces différents exposés sont disponibles sur la page dailymotion du Cercle.

 

Le succès de ce Week-end de la liberté nous incite à poursuivre nos réflexions.

 

Nous organiserons un nouveau Week-end de la liberté l'année prochaine à la même époque sur le thème

 

Souveraineté individuelle

et coopération spontanée.

 

Dans un certain nombre de domaines, comme l'éducation, la famille, la protection des individus, le logement, la santé, l'emploi, l'entreprise, voire le sport, nous montrerons

- comment les individus se comporteraient dans une société libre.

- les catastrophes engendrées par une intervention inutile de l'État,

et nous tenterons de définir à quoi devrait se limiter le rôle de l'État dans une société de liberté

 

 





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